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Cela n’a pas été facile d’avouer tout de suite le mal qui me ronge de l’intérieur souvent pour ne pas inquiéter et en même temps par pudeur. Ce n’est pas une information qu’on divulgue à la légère comme une verrue à l’orteil ou une mycose aux aisselles… mes exemples sont nuls je sais mais c’est pour dire à quel point il a été difficile de mettre des mots sur cette maladie pour moi qui essaye toujours de tout prendre à la légère.
Ca a commencé il y a maintenant un an après une échographie qui a révélé la présence de nodules dans ma thyroïde. Une surveillance accrue a permis de détecter une évolution de leur taille et pour en avoir le cœur net il a fallu subir une cytoponction pour analyser la bestiole. Les résultats je les ai entendu de la bouche de mon endocrinologue le jour de mon départ définitif pour Strasbourg : « Elles ne sont pas jolies jolies vos cellules, il faut vous opérer »
A ce moment là j’ai senti le souffle du sabre passer à la lisière de ma jugulaire, j’ai senti mon horizon rapetisser, je me suis sentie tomber et le pire je me suis sentie impuissante. Dramatisation certes, mais uniquement quand on a du recul et là on ne voit rien, on vit tellement ce moment avec toute l’intensité de cette nouvelle que les images se télescopent dans la tête, que la raison s’évanouit et que l’inconscient collectif qui associe le mot cancer à la mort prend le contrôle.
Cet état dure pendant même un certain temps et malgré les informations rassurantes que je glane (sans le demander) sur mon type de cancer je me dis : « il me reste peu de temps, il est surement trop tard ». Puis il faut se battre ou du moins continuer à avancer et subir les préconisations médicales : prises de sang, analyses, examens, radio, échos, chirurgie… On avance en somnambule. Il faut le faire, on le fait, on est sur des rails, il n’y a pas d’échappatoire. Tout le monde a l’air tellement optimiste, on a tellement de soutien, qu’on ne veut pas décevoir et pourtant quand je m’engage dans les couloirs de la clinique la veille de l’opération je ne pense qu’à la nuit longue et froide qui m’attend…
Finalement je me réveille. Tout s’est bien passé et donc tout se passera bien. L’opération a été comme une étape qu’il a fallu franchir pour que l’espoir revienne. Comme si une nouvelle chance m’a été donnée. Bizarre.
Il me reste encore une hospitalisation prévue en octobre puis décalée en novembre. A part ça je vais bien je n’ai aucun symptôme flagrant de ma maladie. J’ai trouvé un site qui explique bien les choses : http://www.arcagy.org/infocancer/localisations/autres-cancers/cancer-thyroide.html et je voudrais remercier toutes les personnes qui m’ont soutenue et qui ont eu une petite pensée pour moi durant cette période difficile.
J’ai envie de repartir du bon pied et la première bonne résolution c’est de continuer à publier les aventures de « Phally en Alsace » sur ce blog. A bientôt donc :)
« …On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Est morte ce matin
La lune cette nuit
A veillé mon amie
Moi en rêve j’ai vu
Éblouissante et nue
Son âme qui dansait
Bien au-delà des nues
Et qui me souriait
Crois celui qui peut croire
Moi, j’ai besoin d’espoir
Sinon je ne suis rien
Ou bien si peu de chose
C’est mon amie la rose
Qui l’a dit hier matin. »
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